Son histoire
L’origine du chalet

Comment le premier chalet de la région s’est retrouvé dans ce hameau sans route, sans électricité, au milieu de nul part, en 1974.

Le chalet de mes Grands-Parents

UNE INTRODUCTION PAS COMME LES AUTRES, MAIS COMME D’AUTRES.

Il y a de ces personnes qui laissent une empreinte profonde, et ont, en même temps la légèreté d’une plume. C’est le cas de mes grands-parents Raymond et Arlette nés dans les années 1930 en pleine deuxième guerre mondiale à Paris.

Arlette a grandi dans le quartier des Abbesses à Montmartre. Son enfance se déroule entre les murs d’un hôtel tenu par sa propre mère, mon arrière-grand-mère. C’était bien plus qu’un simple lieu d’hébergement : pendant l’Occupation, des familles juives y ont été cachées, au péril de leur vie. Il reste encore, dans nos souvenirs, une valise oubliée par quelqu’un qui n’est jamais revenu…

Pendant ce temps, Raymond, encore enfant, faisait passer des faux papiers dans une valise, traversant Paris discrètement, déjà impliqué dans cette résistance silencieuse.

À la Libération, Arlette s’engage pour les enfants abandonnés d’après-guerre, les fameux « Poulbots » de Montmartre. Elle s’investit avec cœur, et une photo exposée aujourd’hui dans le chalet la montre aux côtés du président de Montmartre (car oui, à l’époque, Montmartre avait son propre président).

Raymond et Arlette se connaissent depuis toujours, mais leurs chemins prennent d’abord des directions différentes. Lui voyage : Maroc, Norvège, Pôle Nord… Elle, entre dans le monde du cinéma, de la publicité. Elle devient même Miss Nice, couronnée par Madame de Fontenay.

Puis la vie, dans un de ses détours inattendus, place un chanteur danois sur le chemin d’Arlette. Un enfant arrive par surprise : ma mère.

C’est à ce moment que Raymond réapparaît à Paris, sur le point de partir vivre aux États-Unis. Il monte à bord du paquebot au Havre, direction New York… mais à la dernière minute, le cœur l’emporte sur la raison. Il descend du bateau, court retrouver Arlette enceinte à Paris, et ne la quittera plus jamais.

Ils vivront ensemble près de 70 ans.

Puis ils ont voyagé et voyagé, et encore voyagé, dans une Opel break, en dormant dans le coffre, de Paris jusqu’en Syrie durant des mois,  à la découverte du monde. Bien avant les avions, les low-cost ou agences de voyages.

Avec un bébé, ma mère.

PUIS ARRIVE.

LE CHALET.

Dans une époque sans autoroutes, les voyages se faisaient en traversant des milliers de villages, villes, bourgs, hameaux, forets.

Arrivants aux portes de la Bourgogne, ils ont croisé un hameau de Foret avec un petit château, des étangs, des roseaux, pleins d’oiseaux et d’animaux, un havre de paix.

Pas de routes, pas d’électricité, des bois, la nature, les champs.

Ils sont tombés amoureux de cet endroit, et ont pris le terrain pour une poignée de cerises, c’était en 1974.

Ma mère, leur fille avait un mari, mon père Jean-Claude.

Je suis né en même temps, cette année.

Puis instantanément leur a pris de construire un chalet, chose pas courante dans la région, et pas un petit chalet, un gros, puis de garder tous les arbres, de vivre dans la nature.

Puis d’autres sont arrivés.

Et ont aussi décidé de construire des chalets.

Ce qui donne un aspect particulier à cet endroit, un peu hors du temps, à une heure et demi de Paris.

Aujourd’hui, dans ce hameau de foret, il y a pas mal de maisons, de chalets, de l’électricité, du wifi, la fibre même. Mais ce terrain, ce chalet, son histoire et ceux qui y ont vécu, sont participants d’une histoire qui perdure et qui donne un charme et une énergie bien particulière, comme hors du temps.
A travers ses objets, ses photos, ses arbres centenaires.

AUJOURD’HUI….

J’ai 51 ans, mon grand-père en a 96, ma grand-mère est malheureusement décédée il y a quelques années, paix à son âme.

Je m’occupe de cet endroit magique pour le rendre plus magique que jamais, avec l’aide de mon père Jean-Claude, de mon fils Arthur, et d’amis pour faire perdurer cette belle histoire.

Nous invitons des artistes à investir l’espace, créer des œuvres, écrire, méditer, et aussi donner des possibilités, avec cet endroit de pouvoir s’émanciper, créer, se reposer, et écouter la nature et vivre un autre espace-temps en dehors des tumultes de la société.

Si vous voulez participer pour un jour, une semaine ou un mois, contactez-nous.

François Ronsiaux